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le dimanche, …

Dimanche 3 mai 2009

Qui aime le dimanche? Moi pas ! C’est calme, trop calme ! Pas de bruit et très, trop souvent au fond de mon lit, attendant que la journée passe.
La télé tourne en fond toute la journée, un peu de musique par dessus, et tous les Publics, Closers ou Voici de la semaine, des semaines passées, s’entassent sur le table basse. Les cigarettes se consument les unes derrière les autres.
Mais de temps à autre un déjeuner dominical à assumer.
Râler parce que je déteste le dimanche, il ne se passe jamais rien, mais s’il faut que je me bouge pour aller déjeuner en famille, je vais aussi râler, parce que, paradoxalement, le dimanche est sacré à ne rien faire.
Et puis une fois arrivée au déjeuner, j’adore. J’adore ces moments, hors du temps, où l’on se retrouve autour d’une table familière, avec une repas familier, mais tellement bon.Notre madeleine de Proust. Les personnes que l’on aime le plus au monde sont là, avec leur vie, leur tristesse, leur joie, leur envie de partager ou juste d’être là, sans rien avoir à dire mais juste là, en sécurité ; pour être totalement honnête, il n’y a que dans ces moments là, que nous sommes en réelle sécurité. Pas besoin de parade, pas besoin de faux semblant, pas besoin de comédie, … Nous sommes exactement ce que nous sommes et non le rôle que nous avons joué toute la semaine. Et puis il y a ces dimanches avec les ami(e)s.
D’ailleurs il y a eut un dimanche, l’année dernière qui vaut que je le partage avec vous. Une de mes amie, partait en vacances et nous avions décidé de nous retrouver avant son départ pour le déjeuner, ce fameux dimanche ; et croyez moi, le mot fameux reste faible!
Mon amie décollait le lendemain. Nous voilà, elle, l’une des ses amie avec laquelle elle voyageait, et moi, dans un bistrot italien, assise en terrasse, sous un soleil très chaud.
13h, apéro ; un verre de blanc pour nous ouvrir l’appétit, puis la discussion commence ; à toi, à moi, autant dans les mots, qu’avec le verre de blanc qui a vite était converti en bouteille ; melon, jambon cru, aubergines frites, tous ces petits amuse-gueule qui nous délectent.
Après la première bouteille éclusée, en plein soleil, les esprits sont en ébullition. La seconde bouteille ne se fait pas attendre. Rentrer dans les détails des conversations? Ce serait un peu compliqué!
Mon amie et la sienne débrifaient sur leurs bagages, être sûres d’avoir tout.
L’une avait oublié son téléphone portable, catastrophe, lorsque l’on sait qu’elle partait 15 jours loin de son mec, plutôt à la possessivité italienne. L’autre lui prête donc un mobile, avec son forfait téléphonique. On peut être amie, mais elle a commencé à vraiment abuser du forfait prêté, avant même leur départ.
Je crois, j’ai cru comprendre que mon amie est partie avec elle, car c’était la seule à pouvoir partir à cette époque de l’année ; plus parce qu’elle ne voulait pas partir seule, que pour un vrai voyage entre copines, qui s’apprécient vraiment et qui se respectent.
Mon amie, qui n’a pas sa langue dans sa poche, elle sait se contenir, mais là je pense que nous en sommes à la 3° bouteille, ne se contient plus du tout et lui explique très clairement, et encore relativement calmement ce qu’elle pense d’elle. Pas joli, joli, mais on ne peut pas lui enlever sa franchise et son caractère qui pour moi, font tellement partie d’elle, et en font une véritable amie, sincère, juste et sur laquelle on peut vraiment compter.
Entre les téléphones portables des unes et des autres qui sonnent toutes les 5 minutes, impossible de tenir une conversation. L’alcool joue son rôle de désinhibition, autant vous dire que ça fuse dans tous les sens.
A tel point qu’il est presque 17h, que le resto dans lequel nous sommes depuis plus de 4 heures, ferme ; le patron nous jette dehors.
Nous avons nos pieds qui avancent tous seuls et nos cerveaux complètement ramollis. Peu importe, il y a un bar juste à côté, avec une terrasse et une belle table nous tend les bras. Nous passons commande d’une nouvelle bouteille de blanc. Une chose est sûre, malgré nos grammes dans les veines, nous avons commandé une bouteille de vin blanc léger et frais. Nous adorons ce genre de vin toutes les 3 et c’est le thème de notre dimanche ; et là, le serveur, qui n’avait pas l’air beaucoup plus brillant que nous, nous apporte un moelleux.
Il est fou! Souhaite t’il que se soit la fin du monde?
Mon amie déteste ce genre de vin, surtout après les litres que nous avions ingurgité. Fair play, elle goûte un verre, et là scandale ; nous avions prévenu que nous n’aimions pas ce vin. Toutes les 3 unies contre ce serveur, à le traiter d’incapable, et tous les mots qui vont avec, l’une qui renchérit sur l’autre, qui est renchérie par la troisième. C’est un scandale, c’est inadmissible, il s’est fait insulter, le pauvre incapable!
Nous avons fini par penser qu’il nous a prit pour des touristes, et qu’il a tenté de nous fourguer la bouteille la plus chère de sa cave.
Par peur que tous ses autres clients quittent sa terrasse, parce qu’il faut être conscient que mes amies et moi sommes des Princesses et qu’on ne traite pas des Princesses avec aussi peu de respect, il a abdiqué et nous a apporté une bouteille de vin blanc léger et frais. Non, mais !
Je pense que là, nous en avons encore commandé une autre. Les fous rires pour tout et n’importe quoi, les règlements de compte pour tout et n’importe quoi, les je t’aime, tu es mon amie, jamais rien ni personne ne pourra nous séparer, … Tout y est passé, les compliments, les reproches, les confidences les plus intimes.
Un vrai déjeuner du dimanche entre copines. Avec les débats politiques et religieux en moins.
Grands éclats de rire, larmes, engueulades, tout, absolument tout. Ce se fut un dimanche génial. Nous nous sommes séparées vers 19H, dans un état, comment dirai-je, heu, bon je vous laisse imaginer !
J’ai reçu un appel téléphonique de mon amie le lendemain, vers l’heure du déjeuner, depuis l’aéroport. Je ne sais pas bien comment s’est passé son vol, mais au départ, son cerveau était coincé dans un étau et les lunettes de soleil étaient de rigueur. Ses vacances lui ont été agréables, mais son amie est définitivement devenue absente de son répertoire de téléphone ; il faut dire que ce personnage est très particulier, tout à fait respectable dans ce qu’elle est, mais pas pour ce qu’est mon amie. Je ne juge pas, ni rien, ni personne, mais il y a des personnages qu’il ne vaut mieux pas avoir, ni comme amie, ni comme ennemie, et il vaut parfois mieux « être seule en vacances, au quotidien, qu’avec des gens qui ne vous valent pas ».
A vous lire.